TORTURE MENTALE ! - par A.

Je la sens venir la silencieuse, rampante comme un serpent et j’ai peur ! Peur de sa morsure. Peur de son venin, celui qui paralyse mes sentiments et qui m’empêche de croiser n’importe quel regard, à part celui des animaux.
Ma médiocrité touche les premières marches de mon âme ! Je ravale ma salive et m’enveloppe d’une bulle invisible. Mais la bulle se transforme en prison. Elle me rend presque muette, froide et distante de tous ceux qui côtoient mon existence. Pourtant à l’intérieur c’est la bousculade entre la colère, la rage, le chagrin qui devient désespoir et l’envie de fuir pour revenir dans la réalité ! Impossible, tout reste absolument figé et cela devient cauchemardesque. Mon instinct de survie me pousse à enfiler mon manteau, prendre mon sac et sortir.
Je n’ai pas d’endroit particulier où aller. Je marche ressassant des adjectifs pour illustrer ma vie. Monotone ai-je dit hier. Ce n'était pas le terme exact ! Et pour aujourd’hui amère, comme le café que je bois maintenant dans ce lieu où les gens ne font que passer. Ils sont en attente du prochain train qui peut-être les emmènera vers le Bonheur ?
J’aime à regarder passer la vie des autres, surtout quand ils sont en partance vers d’autres horizons ou qu’ils arrivent dans cette ville. Je découvre ce voile invisible au parfum de rose des sables et qui marie l’aventure au voyage. A les observer, j’oublie ma propre vie et le temps qui passe. Arrêter pour un instant d’avoir un nom, un âge, un sexe et une maladie humiliante comme la fibro ! Eteindre mon portable puisque dans ces moments-là je ne peux appeler personne ! N’être plus rien et se reposer ! Un peu comme cette dame âgée, coiffée d’un béret et chargée de cornets. Elle reste assise tout l’après-midi devant un thé, juste pour être au chaud et pouvoir bavarder avec la serveuse.
J’attends comme elle que la nuit envahisse les rues pour rentrer à la maison. Dans le tram je cherche la clé pour sortir de ma bulle et pour communiquer à nouveau. Je sais que dans ces moments-là, je fais souffrir mon entourage qui est désabusé devant cette sorte d’autisme. Ils ne sont pas responsables et j’espère qu’ils me pardonnent ? Mais qu’ils me pardonnent ou non, qu’ils sachent que dans ces instants tout de même assez rares, je souffre, prisonnière de ce mal glacial aussi coupant que le diamant.
Quelle conclusion à cette histoire ? Aucune, elle est sans fin ! A
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05 Janvier 2008 à 17:05 dans
- Général


Les animaux aussi se cachent quand ils ont mal.
Superbe texte. Quand on écrit aussi bien, on n'a besoin du pardon de personne car on est capable de tutoyer les Dieux !!!
Posté par M — 06 Jan 2008, 13:54