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Fibromyalgie: chroniques d'une maladie chronique

C’EST DANS TA TÊTE ! - par A.

 

La bise glacée traverse les quatre couches de vêtements qui protègent mon corps. Elle me lacère de son couteau tranchant. Je lutte contre elle en essayant de l’ignorer et de m’intéresser aux lumières multicolores de Noël. Peine perdue, mon corps me réprimande et réagit : douleur lancinante dans le bas du dos,  semblables à des contractions lors d’un accouchement. Avec ma Fille et mes deux Petits-Fils, nous nous engouffrons dans un restaurant. L’agréable chaleur de l’endroit devrait me soulager. A deux reprises ma Fille me dit que c’est dans ma tête ! Si seulement ! Ainsi je pourrais guérir ! Je vois dans son regard qu’elle a peur et qu’elle ne pense pas vraiment à ces phrases assassines.

Le mal ne disparaît pas et je suis obligée de me réfugier dans les toilettes qui, pour tout arranger, se situent au sous-sol. Recroquevillée sur le trône, je me concentre sur ma respiration et je prie pour que ça passe le plus vite possible. Un quart d’heure après je remonte péniblement. Je souris ! Je ne veux pas faire peur à mes Petits-Fils. Je les rassure en leur disant que tout va bien maintenant. Pourtant la douleur devenue plus sourde me chuchote : « je suis encore là ! Si tu bouges trop, je vais à nouveau te torturer. Je trouve tout au fond de moi la force pour jouer mon rôle de grand-mère et garder le petit dernier de trois ans.
Après cet épisode familial que j’aurais davantage apprécié si je n’avait pas eu de crise ; je désirais rejoindre mon Amie K. en ville, mais mon corps était lessivé d’avoir subi ces maux. Je ne peux que capituler et rentrer au plus vite chez moi. Là, la colère m’envahit ! ! ! Si cette foutue fibro n’existait pas, j’aurais pu passer du temps avec K !

Les chiens me regardent. Ok, j’ai compris, et de nouveau je rassemble le peu de force qu’il me reste et je les sors.


Mon compagnon, de retour de son travail, m’aide à aller les promener. Dans le parc je commence à lui raconter mon après-midi. Mais comme il marche aussi vite que le chien qui le tire, je me retrouve trois mètres derrière à crier pour qu’il entende. Mais il n’entends pas et je déteste crier !. Tant pis, je me tais et pense que de toute façon… Ma journée, c’est du pipo comparée à toutes les mauvaises nouvelles que scandent les journaux, la télé et la radio ! Cela préoccupent tant les hommes, persuadés qu’un changement de politicards remettrait tout dans l’ordre ! Plus de misère, plus d’inégalités etc.…Mais il est déjà trop tard ! Notre planète Terre se meurt et nous avec !

Alors que peut-être nous, fibromyalgiques, avec notre hypersensibilité à la douleur, serions-nous juste les miroirs des souffrances de notre Terre nourricière ?    A 

 


Commentaires

  1. "C'est dans ta tête" Je crois que c'est vraiment le plus dur quand c'est la famille qui le dit. Courage.

    Posté par K. — 16 Dec 2007, 09:53


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