Mes «Petits –Riens » - par A.
Quand je m’en irai, comme vous allez me manquer mes « Petits-Riens » du matin. Après une nuit trop courte, je me lève avant toute la maisonnée pour vous recevoir dans mon cœur, comme des invités de marque. Goûter le frémissement de l’aube qui se lève, et entendre le premier chant du merle tout en admirant le bal incessant des hirondelles. Alors que le soleil se lève au-dessus des toits, il illumine le vert du peuplier de la cour. J’écoute la vie se réveiller de tout côté. Je traverse l’appartement et je salue les fleurs du balcon qui brillent sous des diamants de rosée. Je regarde l’immeuble d’en face avec sa vieille façade et ses volets en bois où la peinture verte s’écaille. Dans cette maison logent mon fils et sa compagne. Les fenêtres s’ouvrent et les chats se pâment aux rayons déjà chauds du soleil. Une main s’agite et m’envoie un doux baiser. Cette main d’homme qui m’envoie toute la douceur de l’enfance. Alors me revient le souvenir d’un petit garçon réclamant de la tendresse en chantant : «Personne au monde ne m’aime, même ma maman que j’aime !» Alors je le prenais dans mes bras et tout en le berçant, je lui chuchotais qu’il était la caresse de ma vie et que je l’aimerai toute ma vie ! Mes enfants et mes petits-enfants, eux ce sont mes «Grands-Touts» !
Mais je reviens à mes « Petits –Riens » pour ne pas m’égarer dans le jardin des souvenirs. Je sais qu’une fois encore la journée passera trop vite, mais je prends le temps. Les chats et les chiens, mes plus fidèles amis viennent chacun leur tour chercher l’affection de mes câlins. La porte de la chambre à coucher est entrouverte, je regarde mon compagnon de vie dormir. J'’admire toute la sérénité qui transfigure son être.
Le téléphone sonne, c’est ma fille ! Sa voix joyeuse me rassure. Oui toute la famille va bien ! Et elle, comment va-t-elle ? Elle si courageuse, enveloppée d’une armure de lumière pour affronter ses longues et dures journées, par amour pour son mari et ses fils. Sait-elle à quel point elle me manque ? Combien d’années avons-nous perdues elle et moi ? La serrer fort dans mes bras, elle, ma petite prune sauvage ; mais déjà rien que sa voix est un cadeau immense !
Aujourd’hui c’est jour de fête, j’ai rendez-vous avec ma meilleure amie ! Ma sœur de douleurs. Depuis bientôt trois ans, ensemble, nous écrivons tous les mercredis. Pour moi, ce jour du milieu de la semaine est le plus important ! Dans le tram qui m’emmène vers elle, un violoniste tzigane interprète une mélodie d’amour. Ses yeux verts me sourient de liberté. Quand je sonne à la porte de mon amie, son chien aboie et dès mon entrée, il m’offre une fête princière en déposant à mes pieds ses jouets. Cela m’émeut toujours, car je sais qu’il voit en moi l’enfant que j’étais. Le chat à son tour vient offrir à mes mains la douceur de sa fourrure et surtout le plus important sa confiance. Je reçois cela comme un honneur. Je me retourne et suis éblouie par le sourire de mon amie. Tout cela est un baume pour mon cœur endolori. Elle est mon havre de paix, ma confidente. Tout en écrivant cela, je me rends compte qu’avec le temps, elle fait partie intégrante de mes « Grands-Touts » ! Elle est arrivée dans ma vie comme un ange venu du ciel. Ensemble, nous combattons la même ennemie : la maladie !Juin 2oo7
-
18 Juillet 2007 à 10:34 dans
- Général

