Too old for Rock and roll? par K.
C’est une bonne surprise qui fait chaud au coeur quand les amis comprennent mieux ma maladie que mon médecin, quand les amis acceptent mieux mes limitations que moi-même.
Jeudi soir j’ai annoncé au groupe de rock - qui est devenu ma famille depuis cinq ans - que j’arrêtais comme choriste parce que mes douleurs et ma fatigue me l’imposent.
Après le dernier concert j’ai eu de la peine à marcher pendant trois jours et j’ai attrapé un très méchant rhume qui m’a terrassée pendant plus d’une semaine. J’en tousse encore. L’avant dernier concert, j’ai eu l’impression que j’allais m’évanouir de fatigue. C’était effrayant. Ces derniers temps, je me réveillais angoissée la nuit parce que je ne trouvais pas de solution à ce dilemme. Tenir le coup malgré la souffrance et à cause du plaisir que ça m’apporte ou arrêter carrément de chanter ? Je savais que mon mari serait tellement déçu qu’il m’en voudrait d’arrêter. Je savais que si je continuais à aller aux répètes pour ensuite ne pas avoir la force d’aller aux concerts, c’est moi qui m’en voudrai.
Mais quand je l’ai annoncé au groupe, ils ont tous dit que je devrais venir quand je pouvais, que ce n’était pas grave si je ne chantais que de temps en temps ! Quel soulagement et quelle émotion de me sentir acceptée et appréciée à ce point.
Et c’est à ce moment là qu’un petit oiseau est entré dans la pièce de cet abri antiatomique où nous répétons. Il a volé un peu paniqué dans tous les coins pendant que les musiciens essayaient de l’attraper pour le mettre dehors, de peur qu’il soit traumatisé par le volume de notre musique. Plusieurs tenaient leurs vestes, un drap, leurs mains en l’air pour essayer de le contenir mais il n’y avait rien à faire. Le petit oiseau a voulu rester nous écouter un moment, pour partir plus tard dans la soirée.
Ce groupe aura été une expérience inespérée pour moi. Faire partie d’un groupe de musique est une expérience unique et extraordinaire. Ca m’a beaucoup appris sur moi et sur les autres, beaucoup apporté de joie, m’a sorti de la douleur parfois et de la déprime certainement.
Mais les douleurs protestent, m’ordonnent d’arrêter ça et de mettre mon énergie dans quelque chose d’autre. Je me dis que notre corps malade est peut-être notre entraîneur le plus exigeant. Il nous impose certaines leçons. Peut-être les plus profondes. Le lâcher prise, l’humilité, la solitude, le calme et la méditation.
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17 Mai 2008 à 16:16 dans
- Général



Arf :( il fallait mettre le nom et prénom c'est pas trop bien évident quand on regarde la présentation, je suis incapable de refaire le même texte si il est pas arrivé tant pis, si il est arrivé celui là servira de signature.
Posté par tinois jean-philippe — 29 Mai 2008, 10:37
Bravo pour Ton Courage! C'est tellement difficile de prendre des décisions pour soi-même avec la peur au ventre parce qu'on ne veut faire de peine à personne!!! Le petit oiseau me fait penser au symbole de la Liberté...
Bravo aussi d'avoir écouté Ton corps! Je trouve que Tu as raison de dire que c'est notre entraîneur le plus exigeant!!! Et pourtant nous oublions si souvent de l'écouter! Plein de doux hugs...A
Posté par A — 22 Mai 2008, 09:34