Je fais mes valises et je vous embrasse très fort... par K.

Je fais mes valises et je veux tout prendre avec moi. Je veux prendre ma souffrance mais aussi tout ce que j’ai appris de ma souffrance pour poser tout cela aux pieds de ma fratrie, leur montrer que je ne suis pas aussi nulle qu’ils le pensent. J’ai envie de dire « Il y a même des gens qui m’admirent parce qu’ils savent par où je suis passée et quels handicaps j’ai surmonté. » Je veux aussi leur montrer que je sais des choses que l’on ne peut pas apprendre dans les livres…
Mais je veux prendre aussi des livres avec moi. Le livre où j’ai écrit l’histoire de ma dépendance et libération des benzodiazépines. Là où je raconte la souffrance inutile que les médicaments peuvent créer et les ressources que j’ai déployées pour m’en affranchir.
Je veux prendre avec moi ce livre sur « l’alchimie de la maladie », là où j’ai souligné tant de choses qui me paraissent vraies, par exemple que les gens en bonne santé semblent un peu ridicules, dangereux même, avec leur marche épuisante au rythme de leurs responsabilités et désirs. Qui raconte aussi comment les parties négligées de nous-mêmes peuvent devenir toxiques et attaquer notre santé…
Je voudrais prendre avec moi le livre qui apprendrait à mon frère que l’essentiel se trouve sans effort et que c’est l’effort incessant qui vole notre force, notre créativité et notre spiritualité. Mais je sais qu’il ne les lira pas ces livres. Il s’y intéressera autant qu’il s’intéresse à ce que j’ai pu vivre.
Je sais qu’il sera difficile de partager même des rires avec lui et avec ma sœur qui ne sera là que deux jours. Alors je mettrais dans ma valise beaucoup de chocolat suisse, un peu de fromage peut-être et autres choses typiquement typiques…
Je sais que j’aurais deux semaines épuisantes. Je vais voir ma maman qui est frêle et à la fin de sa vie. Elle ne se souvient pas très bien. Même des choses les plus importantes, et on dirait qu’elle ne ressent pas les choses... mais ça n’a jamais été son fort.
Je vais avoir besoin de toute mon énergie pour ne pas être démolie par ma famille comme je l’ai toujours été. Pratiquement chaque fois que j’ai été les voir ça a été suivi par un épisode dépressif et anxieux.
Mais je sais ce que je dois prendre avec moi…
Mon cœur ouvert et plein d’amour.
Et je dois apprendre le détachement.
-
18 Décembre 2008 à 15:10 dans
- Général

