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Fibromyalgie: chroniques d'une maladie chronique

Je fais mes valises et je vous embrasse très fort... par K.

Je fais mes valises et je veux tout prendre avec moi. Je veux prendre ma souffrance mais aussi tout ce que j’ai appris de ma souffrance pour poser tout cela aux pieds de ma fratrie, leur montrer que je ne suis pas aussi nulle qu’ils le pensent. J’ai envie de dire « Il y a même des gens qui m’admirent parce qu’ils savent par où je suis passée et quels handicaps j’ai surmonté. » Je veux aussi leur montrer que je sais des choses que l’on ne peut pas apprendre dans les livres…

 

Mais je veux prendre aussi des livres avec moi. Le livre où j’ai écrit l’histoire de ma dépendance et libération des benzodiazépines. Là où je raconte la souffrance inutile que les médicaments peuvent créer et les ressources que j’ai déployées pour m’en affranchir.

 

Je veux prendre avec moi ce livre sur « l’alchimie de la maladie », là où j’ai souligné tant de choses qui me paraissent vraies, par exemple que les gens en bonne santé semblent un peu ridicules, dangereux même, avec leur marche épuisante au rythme de leurs responsabilités et désirs. Qui raconte aussi comment les parties négligées de nous-mêmes peuvent devenir toxiques et attaquer notre santé…

 

Je voudrais prendre avec moi le livre qui apprendrait à mon frère que l’essentiel se trouve sans effort et que c’est l’effort incessant qui vole notre force, notre créativité et notre spiritualité. Mais je sais qu’il ne les lira pas ces livres. Il s’y intéressera autant qu’il s’intéresse à ce que j’ai pu vivre.

 

Je sais qu’il sera difficile de partager même des rires avec lui et avec ma sœur qui ne sera là que deux jours. Alors je mettrais dans ma valise beaucoup de chocolat suisse, un peu de fromage peut-être et autres choses typiquement typiques…

 

Je sais que j’aurais deux semaines épuisantes. Je vais voir ma maman qui est frêle et à la fin de sa vie. Elle ne se souvient pas très bien. Même des choses les plus importantes, et on dirait qu’elle ne ressent pas les choses... mais ça n’a jamais été son fort.

 

Je vais avoir besoin de toute mon énergie pour ne pas être démolie par ma famille comme je l’ai toujours été. Pratiquement chaque fois que j’ai été les voir ça a été suivi par un épisode dépressif et anxieux.

 

Mais je sais ce que je dois prendre avec moi…

 

Mon cœur ouvert et plein d’amour.

 

Et je dois apprendre le détachement.

 


DERNIERS JOURS DE L’ANNEE… par A.

 

 



  Bientôt Noël et bientôt une nouvelle année ! Mais avant tout, dans la tourmente folle des préparatifs des fêtes où les gens se bousculent, moi j’arrête les pendules de ma maison. Le temps suspendu s’envole dans un flocon de neige et j’ouvre mon cœur tout grand pour regarder dedans. C’est comme dans un livre pour enfants et j’aime flâner devant les belles images de cette année écoulée. Malheureusement, elles sont très rares et je ne souhaite pas, même à mon pire ennemi, tous les chagrins, les deuils et les douleurs que j’ai vécus durant ces mois ! Mais je pense que tous ces malheurs sont venus pour me prouver que je ne suis pas seule et que j’ai beaucoup de chance ! Tant de gens m’ont soutenue ! Je pense spécialement à Mon Amie K, à Amy, Marina, Claudine, Carole. Et ceux de Ma Famille, Papa, Erika, Le Gnome, Chantal, Aline et le plus présent de tous : Mon Fils ! Une pensée aussi pleine de Lumière pour Mon Petit-Fils Julien !

Toutes ces personnes sont réelles, charnelles, vivantes !

Comme je l’expliquais à un ami, je ne m’ennuie jamais ! Je vis seule, mais pas vraiment, parce que j’ai deux chiens et deux chats Fantastiques ! Ils sont mes meilleurs amis. Jamais ils ne me jugent et ils sont toujours heureux de me voir. Eux aussi sont bien vivants et bien charnels ! Après viennent les choses matérielles qui me lient à la vie. Ce sont les livres, mon cahier où j’écris, mes toiles et mes pinceaux et les tubes de peintures mélangés à l’odeur de térébenthine. Mais tout bien réfléchi, ce qui m’est absolument vital, c’est la Nature ! Plusieurs fois par jour avec mes loups je vais à sa rencontre. Je la contemple, je la respire, je l’écoute. Elle est matérielle mais devient de plus en plus spirituelle et m’emmène vers l’invisible. Paradoxalement l’invisible est Lumière ! Et cette lumière appartient au monde des Anges. C’est avec tant d’Amour qu’ils la déversent sur nous. Dommage que si peu de personnes la remarque pourtant elle a une musique cristalline ! A propos de musique, elle aussi est une de mes merveilleuses compagnes. Alors n’est-ce pas de fantastiques cadeaux que cette année difficile m’a donnés ?


C’est bien de n’attendre plus rien de la vie, c’est ainsi que je vais à l’essentiel. Mais l’essentiel n’a pas de mots pour le décrire, je ne peux que le comparer. Il est semblable au sel que contient une larme…


Cela j’ai essayé de l’expliquer à une personne que j’imaginais être plus subtile ! Elle ne l’était pas et ne m’a pas comprise. Mais quelle importance, je sais que d’autres m’ont comprise n’est-ce pas ?


A bientôt…A


Pas faite pour ce monde... par K.

 

 

 

J’attends le bus pendant 15 minutes au moins en me faisant bousculer dans tous les sens par des gens stressés. Il y a même un qui crie « PARDON » dans mon oreille. Le bus arrive et je ne peux pas monter, il y a trop de monde. Je crie à mon tour « FUCK ! » Je suis devenue la vieille folle aigrie que je ne voulais pas devenir. J’ai froid et je suis fatiguée. Tout à l’heure le rhumato m’a fichue dehors en me disant que je n’avais pas rendez-vous. Je ne sais pas comment j’ai fait pour m’embrouiller.

 

Encore dix minutes d’attente et le prochain bus arrive. Là je monte mais comme je dois rester debout je suis angoissée. Je suis la seule qui a besoin de se tenir avec les deux mains. Seulement dans les nouveau bus il y a moins de choses à tenir et j’ai très peur de tomber. J’ai mal aux hanches et dans le bas du dos. C’est cassé on dirait.

 

Je descends dans mon quartier et je vois des toxicos du coin en train de s’engueuler. Je me sens vulnérable. Je ne peux pas courir et pour me défendre, ben t’oublie ! Je ne sais pas comment j’arrive jusque chez moi avec ce froid de canard qui me fige les jambes.

 

J’ai toujours su que je n’étais pas faite pour ce monde, mais là c’est mon corps qui est d’accord avec moi. Parfois j’espère sincèrement que l’avion tombe lors de mon prochain voyage. La chose que j’ai toujours eu en horreur, voilà que je me mets à espérer que ça arrive. Ca serait la fin de ma souffrance.. et puis ça ne serait pas pire que de mourir dans un EMS, un hôpital. Et puis je serais en train de boire du champagne, de fêter… et paf !

Bon.. je sais.. je chanterais une autre chanson lorsque je serais dans l'avion!!! Vive la vie, même avec les douleurs chroniques!!!