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Fibromyalgie: chroniques d'une maladie chronique

Angoisses tôt le matin ... par K.

Souvent ces temps je me réveille trop tôt et je pleure ou j’angoisse ou je suis en colère. Je sais bien que la dépression et l’anxiété font partie de la fibromyalgie, mais là, je sais d’où ça vient. Je suis malade de la famille et je l’ai toujours été.

 

Je vais aux Etats-Unis pour voir ma maman âgée fin décembre et une partie de moi attends à ce que l’avion s’écrase en route, donc pas besoin de faire de souci pour la suite. Mais une autre partie de moi sais qu’on va arriver et que ça va être galère. Mon frère ne veut pas que je vienne. C’est à dire que ça le stresse d’avoir des visites (alors que je vais à l’hôtel et je ne vais pas lui imposer quoi que ce soit). Je vais pour ma mère, pour mes nièces, pour ma sœur… et pour lui, mais lui ne veut pas de moi.

 

Ca serait trop long de vous expliquer ce qui ne va pas entre nous. Il faut juste savoir que quand j’étais jeune je l’adorait et il me soutenait plus qu’un frère ne devrait avoir besoin… mais dans les années 80 je crois, je l’ai enlevé de son piédestal et ça a tout déséquilibré dans notre relation. Lui trouve ça bizarre que je demande le respect que l’on doit à n’importe quel être humain et il ne comprend pas que je me fâche quand il ignore mes e-mails et qu’il ne donne pas de nouvelles de ma mère.

 

Ces jours, je me rappelle de toute une vie de ses insultes et insinuations, de tous ses jugements et injustices, de toute son incompréhension mais surtout de son indifférence.. et ça me mine.

 

Tout ça pour vous dire que si, en plus de vivre dans un monde empoisonné, il y a un composant psychique de la maladie, chez moi ça vient de la famille. Ma détresse vient des non-dits et secrets,  des manques de soutien dans les pires moments et du manque d’honnêteté dans les moments les plus importants. Ca ne devrait pas me faire si mal. Ca fait des décennies que je vis loin d’eux.

 

Ca fait plus d’une année que nous écrivons ici, que nous nous exprimons A. et moi et ça nous fait beaucoup de bien mais ce qui est bizarre, c’est que A. et moi n’avons pas tout dit. Nous n’avons peut-être pas dit l’essentiel.

 

Nous avons gardé pour nous les pires histoires noires dans nos cœurs et nos âmes blessés.