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Fibromyalgie: chroniques d'une maladie chronique

CADEAUX… par A.

 


Je vous avais promis de belles histoires à mon retour ! J’aime tenir mes promesses, alors je vais vous raconter les choses positives de ces dernières semaines écoulées :

Vacances paisibles à la montagne avec mon Compagnon et nos loups. Avec le chant du merle, matin et soir. Fidèle, chaque jour il venait se poser sur la pointe du sapin le plus proche, pour nous chanter le plus bel opéra du monde.


Retrouvailles avec ma grande Sœur bien-aimée et mon Beau-frère qui nous ont accueillis.

Visite de mon père qui du haut de ses 89 ans devient de plus en plus Génial ! Sa femme (petite-maman) m’offre des vêtements qu’elle a achetés exprès pour moi, et qui me vont à merveille ! Souvenirs joyeux de l’adolescente ( ennuyeuse) que j’étais !


Après-midi de pluie passé avec mon petit-neveu de 8 ans qui parle aisément comme un adulte et qui me surprend par son intelligence.


Avant-dernier jour de vacances, autour de la table nous sommes une grande Famille ! Ma nièce et Filleule ainsi que ses filles et son fiancé viennent d’arriver ! Beaucoup de rires, mes petites Nièces sont vives d’esprit et aussi très intelligentes, cela faisait longtemps que je ne les avais revues ! Même les absents (nos morts) sont là, je ressens leurs chaleureuses présences invisibles !


Que de bons moments comme ce repas du soir partagé avec un ami d’enfance et que je ne vois que trop rarement. Le bonheur de me poser sur un tronc d’arbre pour dessiner le croquis de « la chaise des Anges », qui vit sous un arbre au fond du jardin. Et le plus merveilleux : je suis tombée amoureuse d’une fleur, elle se nomme épervière orangée ! Les anciens croyaient que l’épervier utilisait cette plante pour aiguiser sa vue. Elle est si belle, on dirait un soleil couchant en miniature !


Ballades avec ma Sœur dans une petite ville piétonne, où la magie des pierres nous redonne un jour d’enfance !


Mais tout passe comme un éclair, nous sommes de retour à Genève !


Retrouvailles avec mon Amie K qui me manquait ! On à tant de choses à se dire ! Sûrement parce que nous nous comprenons vraiment !!! Tout en restant dans notre ville, Elle et moi voyageons dans le monde entier : Venise, l’Himalaya, New York etc.…Mais ça, c’est une histoire pour un prochain épisode…


A propos de cadeaux, comme tous ceux que je viens de vous citer, j’en ai reçu un sublime l’autre soir. Nous marchions tranquillement avec nos loups  quand, comme tombé du ciel rien que pour moi, un magnifique lys immaculait le trottoir de sa blancheur. Je l’ai ramassé et j’ai humé son délicat parfum. A ce moment précis, j’ai compris pourquoi tant de peintures représentent les Anges, tenant un lys dans leurs mains.


Petit conseil : plongez votre nez dans un lys blanc, respirez un grand coup et vous comprendrez !

A toutes et à Tous, je vous souhaite, malgré toutes les épreuves que vous devez endurer, de découvrir tous les petits cadeaux qui tombent du ciel rien que pour vous…A bientôt…A

Ps : nous sommes dimanche et les cloches de l’église sonnent l’angélus du soir…Bonsoir


Une colombe avec un boulet de plomb à la patte

"J'étais une colombe avec un boulet de plomb à la patte" -- Christian Bobin

 

« J’avais peur que tu trouves une excuse pour ne pas venir à l’aéroport » m’a lancé celle qui est venue me chercher en voiture samedi matin.  Elle me connaissait mal. Nous sommes arrivés à l’aéroport un peu avant 9h00 du matin et nous nous y trouvions encore à 19h00 du soir à la fin d’un « débriefing ».

 

Eh oui, je me suis de nouveau lancée dans un cours pour phobiques de l’avion. Estimant que je ne trouverais jamais l’énergie de faire le stage en entier,  je suis allée pendant trois jours à mi-temps. (Les autres participants allaient du matin au soir, quelle horreur.) Un jour on a écouté parler un pilote en chair et en os. Un autre jour on a visité un avion. Le dernier jour on a tous pris un vol pour Zurich et retour. Loin d’être euphorique après le vol, j’étais très triste. Pourquoi ? J’ai si difficilement trouvé l’énergie, l’argent et le courage de faire ce stage et après tout ça, ma peur continuait de voyager avec moi. Je n’avais AUCUNE envie de revoler.

 

Les points positifs : je n’ai pas pris le tranquillisant que le médecin phobique m’a donné. Juste avant de monter dans l'avion il a aussi essayé de me donner un massage mais m’a fait très mal et j’ai crié « aie ! » malgré moi. Décidément, moi et les médecins… Mais je le remercie quand même. Sans son encouragement sur le forum en ligne je n’aurais même pas acheté mon billet d’avion.

 

Les gens étaient adorables. Le principe de ce cours est que les anciens des stages précédents viennent « coacher » les nouveaux . Les anciens sont d’excellents coachs parce qu’ils ne comprennent que trop bien notre terreur.

 

C’était dur mais je l’ai fait ! Je n’avais même pas trop peur jusqu’au décollage… Pendant des turbulences un peu fortes j’ai géré, avec l’aide de Rebecca, ma coach du moment… C’est toute une technique de lâcher prise. Il faut lever les pieds et ne plus tenir son siège avec ses mains, faire corps avec l’avion, aller avec le mouvement. Il faut aussi se souvenir dans ces moments-là que les turbulences sont aussi normales que les vagues sur l’océan… Mais ce que j’ai pu constater, c’est que c’est une peur instinctif que j’ai. Quand je suis si haut, ballottée par les turbulences…  je n’arrive pas à me raisonner.

 

A Zurich, j’étais la seule qui a reçu une fouille complète dans une cabine.  C’était la faute aux trois petits bracelets en argent que mon père m’a donné en Inde quand j’avais 9 ans et que j’ai beaucoup de peine à enlever.. L’employée de douane m’a dit que je serais toujours embêtée à cause de ces bracelets quand je prenais l’avion. Un peu comme je suis toujours embêtée par le fait qu’à 9 ans on a été évacué en avion militaire indien pendant un orage de grêle. Je pense que cette expérience-là est à la base de ma phobie. Peut-être le fait d’enlever enfin ces bracelets aura-t-il une influence symbolique et bénéfique ?

 

L’animatrice du stage nous avait donné des scoubidous à tresser pour nous distraire et j’avais le mien dans ma poche lors de la fouille. L’agente de sécurité s’en est méfié. Peut-être qu’elle pensait que ça déclencherait une bombe humaine. Moi ! Elle m’a même inspectée la plante des pieds et m’a demandée d’ouvrir le bouton de mon jean ! Finalement elle m’a laissée partir avec un air désolée de m’avoir importunée.

 

Au retour j’avais une coach, Katia, qui m’a permise de pleurer comme une gamine. Ca m’a fait du bien. Je lui ai raconté que l’avion m’avait toujours enlevé de chez moi, de ma maison, de mes amis, de mes animaux, bref, de tout ce que j’aimais. C’est vrai. Avec mes parents nous avons plusieurs fois changé de pays sans retrouver notre vie d’avant. Mais je disais à Katia que cette fois-ci je rentrais chez moi ! Après quoi j’ai regardé par le hublot et j’ai vu les bisons de Collex-Bossy. Et j’ai dit à Katia : « j’ai vu les bisons ! » Elle a dû croire que je perdais la boule. Mais il y a vraiment des bisons à Collex, pour ceux qui ne le sauraient pas.

 

Pendant le stage il y avait pas mal de marche à faire pour une personne avec la fibromyalgie. On a visité les contrôleurs aériens, par exemple, qui étaient assez loin de notre salle de cours. J’étais gênée quand les autres devaient m’attendre. Les montées, les marches, c’était difficile pour moi et ça fait deux jours que mes muscles me le font payer cher. Ma physiothérapeute m’a conseillée le plus de repos possible. Elle dit qu’il ne faut pas croire les gens en bonne santé : ça ne fait PAS toujours du bien de marcher !

 

Et voler ? Eh bien si on n’a pas d’ailes, ça fait mal aux bras !

  

 


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