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Fibromyalgie: chroniques d'une maladie chronique

Vertèbres - par K.

 

 

Mardi : le médecin me montre les images du scanner que j’ai passé la semaine dernière et m’explique qu’il y a une arthrose sévère au  niveau du L5-S1 avec protrusion discale et qu’il y a un creux à l’intérieur d’un vertèbre. Il dit que ça explique mes douleurs et faiblesses dans les hanches et les jambes.

 

C’est drôle comme je me sens d’un coup crédible et comme je ne suis plus gênée de parler de mes symptômes devant lui. Est-ce que ça vient de lui ou de moi ? Probablement des deux. Rien de tel qu’une photo pour apporter une preuve.

 

Etonnement quand je monte dans le bus pour rentrer chez moi : une femme se lève pour me laisser sa place. C’est la première fois que ça m’arrive. Elle n’a pourtant pas vu les résultats de mon scanner mais elle voit que j’ai mal.

 

Déprime : Je fais maintenant partie des mémés pour lesquelles on cède sa place dans les transports publics. En arrivant dans mon quartier, depuis la fenêtre du bus je vois Sissi à vélo en minijupe noire et avec ce qui semble être un chapeau melon sur la tête.

 

Mercredi : je dois m’habituer à l’idée que j’ai non seulement la fibromyalgie, mais l’arthrose. Bien entendu je vais tout faire pour vivre le mieux possible avec ça. La pharmacienne m’a conseillée de prendre le sulfate de glucosamine et le sulfate de chondroïtine. Elle dit que ça aide beaucoup d’après les clients qui en prennent. Sur les conseils de A., je donne quelque chose de semblable à mon chien âgé et c’est vrai qu’il a plus la pêche qu’avant.

 

Le médecin m’a prescrit des séances de physio : la méthode Mézière. Je me pose la question : pourquoi est-ce que l’on ne prescrit pas des séances de physio pour la fibromyalgie ?

 

J’ai peur pour l’avenir. Mais tout ce que je peux dire maintenant c’est que la maladie nous apprend énormément sur nous-mêmes et sur les autres. Elle nous oblige à apprendre à nous faire respecter par les médecins, à respecter notre corps et nos rythmes. Mais je m’en serais bien passée de ces leçons là.

 

Qu’en est-il des émotions négatives refoulées qui seraient sources de douleurs ? J’y crois encore. Je n’ai qu’à me souvenir du jour où je me suis réveillée terriblement en colère contre ma famille et pendant que j’écrivais cette colère dans mon journal intime, des spasmes très douloureux tout autour de mes côtes se manifestaient comme des vomissements de haine et de souffrance.

 

Il n’y a pas de doute, le corps et l’esprit sont liés. Mais est-ce que je vais réussir à ce que ça marche en ma faveur ? C’est plus difficile que ça en a l’air.