L'alchimiste - par K.
J’ai oublié de mentionner ma visite chez un phytothérapeute connu à Genève. Dans son cabinet, il avait fait construire une sorte de labyrinthe de petits compartiments où se trouvait soit une table d’auscultation, soit un petit bureau et deux chaises. Chaque compartiment avait deux portes. communicantes le plus souvent à un autre compartiment où un autre patient… patientait.
Le phytothérapeute est venu me chercher à la salle d’attente et m’a amenée dans un de ces compartiments où il y avait un bureau. Il est ressorti pendant quelques minutes. Lorsqu’il est revenu, il s’est assis derrière le petit bureau. Contre le mur derrière lui il y avait un tableau d’un de mage ou alchimiste. J’ai eu un petit sursaut intérieur quand j’ai vu que le personnage dans le tableau avait les mêmes traits que celui qui était devant moi ! Pour qui se prenait-il exactement ?
Après m’avoir posé quelques questions, le phytothérapeute m’a conduite par une autre porte que celle par laquelle on était entré. On est arrivé dans un petit compartiment et il m’a demandée de me coucher sur la table qui s’y trouvait. Il a ensuite disparu pendant environ dix minutes. Lorsqu’il est revenu il avait un très très long coton tige qu’il a introduit dans une de mes narines pour aller frotter plus haut. C’était d’un stressant ! Un peu comme quand on à le nez qui se remplit d’eau lors d’une baignade et que l’on a l’impression de se noyer. J’ai donc eu le réflexe malgré moi de lui prendre le poignet pour qu’il retire sa main et qu’il arrête de me torturer. Il m’a expliqué que la plupart de mes symptômes venaient d’un mauvais fonctionnement de mon hypophyse. Il essayait donc de stimuler mon cerveau avec un coton tige !
Une fois que je me suis calmée, il m’a laissée partir par encore une autre porte. Peut-être pour ne pas croiser un patient qui était déjà arrivé dans le petit bureau ? J’ai acheté le millepertuis et d’autres produits qu’il m’avait prescrits. A la réception se vendaient toutes sortes de remèdes naturels du genre Yam ou Maca et que sais-je encore. Je crois qu’on est tous conscients qu’on risque de payer pour rien quand on achète ce genre de produit mais on ne sais jamais. Contrairement à la médecine conventionnelle, on peut au moins espérer que ça aide et que ça ne fasse surtout pas de dégâts. Alors j’ai pris religieusement du millepertuis, même pendant mes deux semaines au bord de la mer. Dès la première semaine mes jambes étaient pleines de petits boutons. Le médecin avait omis de me dire qu’il ne faut pas s’exposer au soleil lorsqu’on prend du millepertuis ! J’ai donc passé mon deuxième semaine au bord de la mer avec un paréo qui couvrait mes jambes.
Je suis retournée une seule fois chez ce médecin. Cette fois-ci il m’a demandé de me coucher dans un autre compartiment que je ne connaissais pas encore. Ensuite, il m’a apparemment oubliée. Au bout de 20 minutes d’angoisse où je me demandais s’il allait de nouveau essayer de me masser le cerveau avec un coton tige, je me suis levée et je suis partie. J’ai annulé le prochain rendez-vous, disant à la réceptionniste que cela me stressait trop.
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21 Février 2008 à 14:58 dans
- Général


