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Fibromyalgie: chroniques d'une maladie chronique

blogs et autobiographies... par K.

 

Peut-être que certains n’ont pas compris notre démarche avec ce blog. C’est un partage, une autobiographie, une thérapie. C’est une ouverture à un monde qui trop souvent ne nous comprend pas, qui n’a même pas envie de nous comprendre. On espère que d’autres pourront s’identifier à ce que l’on y écrit, ou comprendre un peu mieux leurs proches qui sont malades. En tout cas, c’est un plaisir d’écrire ce blog, un acte créatif est toujours réjouissant. Il peut paraître égocentrique mais c’est fait exprès.

 

Je crois que ce que je préfère lire le plus ce sont les autobiographies les plus honnêtes, intimes et nombrilistes possible. Dans ce blog, si je vous racontais « que du positif » comme a suggéré une de nos lectrices, je ne serais pas honnête. Mon but c’est le partage dans l’honnêteté absolue. Même s’il y a beaucoup de choses que je ne raconte pas, que je me sens encore obligée de garder pour moi, ce que j’écris, je l’écris avec le plus d'intégrité possible.

 

Vous me trouverez peut-être maso, mais à Noël, je me suis acheté l’autobiographie d’un homme qui s’est fait violé par son père à l’âge de 5 ans et une autre autobiographie écrite par un homme qui a été lobotomisé à l’âge de 12 ans. Ces deux livres, ainsi que d’autres autobiographies que j’ai pu lire, sont pour moi des trésors. Ils me permettent de connaître l’univers de quelqu’un de très différent de moi-même, tout en me permettant de m’identifier avec les émotions profondes de l’auteur, de me retrouver là où nous nous ressemblons tous. Je peux m’identifier aux émotions et aux sensations sur lesquelles je n’aurais pas pu mettre de mots. En tout cas pas les mêmes mots ! Parfois la beauté et la justesse du langage me coupent le souffle. En lisant les autobiographies, je peux profiter de l’expérience des auteurs pour mieux comprendre le monde et moi-même. Je peux ressentir de la compassion pour d’autres et, finalement, pour moi-même.

 

J’aimerais bien pouvoir écrire aussi bien que les auteurs que j’ai lus, j’aimerais être capable de partager des émotions profondes grâce à l’écriture. Il a été constaté par plusieurs chercheurs que ce genre d’écriture est très bonne pour la santé physique et psychique !

 

Une de mes limites, considérables, est que je ne suis pas de langue française ! Mais je continue d’essayer. C’est en écrivant que l’on devient écrivain !


Le point sur ce qui a aidé - par K.

 

Je vous ai raconté la plupart de mon errance médicale et surtout paramédicale de ces dix dernières années. Voilà ce qui arrive quand on n’a pas de réponses ni d’écoute de la part des médecins.

 

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours de ces maladies dont l’origine est inconnue des médecins. Même lorsque j’ai eu, en 2004, un kyste de 2 kilos dans mon ventre, les médecins ne pouvaient pas me dire pourquoi. Heureusement ils ont été capables de me l’enlever ! Quand la médecine ne peut pas nous donner de réponses, nous cherchons ailleurs, même si ce que l’on nous propose comme remède semble insensé, au moins c’est quelque chose !

 

Ma liste de produits naturels et moins naturels ingérés est aussi délirant que ma liste de thérapeutes. J’ai pris du 5-htp, du chlorella, du zinc, du chrome, du magnésium, de la vitamine B,C, D et E, des omégas 3 d’origine animale et végétale, des pro-biotiques. J’ai bu du thé vert, au gingembre, du citron pressé, des petites gorgées d’eau très chaude tout au long de la journée (médecine ayurvédique) et même du lait de noix de coco.  Dans tout ça, je peux affirmer que ce qui m’a aidée de manière évidente c’était l’eau chaude qui détend les muscles - qu’elle soit bue ou en forme de douche, de bain turc, de jacuzzi - et les pro-biotiques pour les problèmes d’intestin. C’était un médecin qui m’avait conseillé les pro-biotiques car il y a une hypothèse, disait-il, que les maladies comme la sclérose en plaques et la fibromyalgie seraient la conséquence d’un intestin trop poreux.

 

Comme je l’ai sûrement déjà dit, ce qui m’aide beaucoup physiquement, c’est aqua-gym et moralement, l’écriture, que ce soit pour ce blog ou dans mon journal intime.

 

En toutes ces années, j’ai également consommé des dizaines (des centaines ?) de livres. J’ai acheté un livre de recettes pour les personnes avec la fibromyalgie et quelques livres autobiographiques écrits par des personnes vivant avec la fibromyalgie. J’ai lu des livres du style « comment vivre avec sa maladie chronique… » et j’ai dévoré des livres sur le lien corps-esprit par dizaines, en anglais et en français. Un des meilleurs, La Guérison du Cœur de Guy Corneau, je crois que j’ai déjà cité. Guy Corneau, psychanalyste, s’est trouvé enrichi de son combat avec une maladie grave. Il y a découvert le lien entre sa maladie physique et son état psychique et spirituel.

Ce qui m’a aidé également c’est ma wawathérapie, c’est-à-dire l’aventure incroyablement réjouissante que j’ai pu vivre depuis 2003 comme choriste dans un groupe de vieux rock and roll.


Forme physique et fibromyalgie - par K.

 

Pour mon rhumatologue, la fibromyalgie est un dérèglement du cerveau suite à une longue période de mauvaise gestion du stress et une mauvaise qualité du sommeil. Je veux bien le croire. C’est très possible que ça soit ce qui m’est arrivé.

 

Il dit que ce n’est pas parce que mon cerveau fonctionne mal que je suis folle. Simplement que mon cerveau envoie des signaux de douleurs amplifiés, qui n’ont rien à voir avec la réalité de mon état physique. Il dit qu’il n’y a pas de lésions physiques dans la fibromyalgie. Okay, supposons que c’est vrai. Pourquoi est-ce que lorsque je me coupe ou me brûle je n’ai pas plus mal qu’avant ?

 

Pour lui, la faiblesse dans mes jambes est due à une mauvaise forme physique et à mon âge. J’aimerais bien le croire me je ne le crois pas. Je crois qu’il a eu besoin de se faire son idée sur la fibromyalgie et qu’il s’y tiendra. Il ne veux pas savoir ce que je ressens réellement. Je vis cette maladie de l’intérieur et je sais que ce n’est pas normal d’avoir de la peine à se lever même d’une chaise, d’avoir de la peine à monter ou descendre les marches, même du trottoir. Aussi, je n’ai jamais été en aussi bonne forme physique. Avant, je passais ma journée stressée dans un bureau. Je mangeais moins sainement, je fumais et je ne faisais pas 2 fois par semaine du sport en plus des promenades avec le chien. Je vois des gens plus âgés que moi et en pire condition physique faire des mouvements que je suis incapable de faire.

 


Remède à la noix de coco - par K.

          

Mon nouveau truc : prendre 2-3 cuillères à soupe par jour de lait de noix de coco. Certains milieux affirment que la graisse de coco a plusieurs avantages pour la santé dont le bon fonctionnement de la thyroïde. Dans la fibromyalgie, nous avons plusieurs symptômes qui ressemblent à des problèmes de thyroïde même si nos analyses sanguins ne montrent rien d’anormal. Ci-dessous : quelques symptômes d’hypothyroïdie et d’hyperthyroïdie. Je ne dis pas que nous avons tous les symptômes, mais nous avons la plupart.

Symptômes d'hypothyroïdie: 

Un manque d'énergie et de la fatigue.

Une frilosité.

Un gain de poids inexpliqué malgré un faible appétit.

Un rythme cardiaque ralenti.

Une irritabilité et parfois un état dépressif.

Des crampes et des raideurs musculaires.

De la constipation.

Un visage enflé.

Une peau pâle et sèche.

Des cheveux secs, une perte de cheveux.

Une voix plus grave et enrouée.

Des périodes menstruelles irrégulières et des menstruations plus abondantes.

Une confusion, une difficulté à se concentrer et des pertes de mémoire.

Un goitre (parfois), qui crée une enflure à la base du cou.

Un taux élevé de cholestérol sanguin.

Perte de poils au niveau des sourcils

 

et voici une liste de symptômes de hyperthyroïdie :

 

Des palpitations cardiaques.

Une augmentation de la transpiration et la présence fréquente de bouffées de chaleur.

Des tremblements.

De l'insomnie.

Des sautes d'humeur.

De la nervosité.

Des selles fréquentes.

Une faiblesse musculaire.

Un souffle court.

Une perte de poids malgré un appétit normal ou même accru.

Une diminution ou même un arrêt des menstruations chez les femmes.

L'apparition d'un goitre à la base du cou.

 

Voilà pourquoi je prends régulièrement depuis environ une semaine du lait de noix de coco.  J’ai envie de voir si ça change quelque chose. Attention : d’autres milieux affirment que la graisse de noix de coco est très mauvais pour le cœur. Je vous tiendrais au courant. Si je meurs d’une crise cardiaque, A. vous avertira ! Mais soyons logique : ce n’est pas dans les pays où la noix de coco est consommée quotidiennement qu’il y a le plus de maladies cardiaques. Et ces milieux qui nous mettent en garde sont les mêmes qui nous conseillaient de manger de la margarine (trans) il n’y a pas si longtemps que ça !

 

 


L'alchimiste - par K.

 

J’ai oublié de mentionner ma visite chez un phytothérapeute connu à Genève. Dans son cabinet, il avait fait construire une sorte de labyrinthe de petits compartiments où se trouvait soit une table d’auscultation, soit un petit bureau et deux chaises. Chaque compartiment avait deux portes. communicantes le plus souvent à un autre compartiment où un autre patient… patientait.

 

Le phytothérapeute est venu me chercher à la salle d’attente et m’a amenée dans un de ces compartiments où il y avait un bureau. Il est ressorti pendant quelques minutes. Lorsqu’il est revenu, il s’est assis derrière le petit bureau. Contre le mur derrière lui il y avait un tableau d’un de mage ou alchimiste. J’ai eu un petit sursaut intérieur quand j’ai vu que le personnage dans le tableau avait les mêmes traits que celui qui était devant moi ! Pour qui se prenait-il exactement ? 

 

Après m’avoir posé quelques questions, le phytothérapeute m’a conduite par une autre porte que celle par laquelle on était entré. On est arrivé dans un petit compartiment et il m’a demandée de me coucher sur la table qui s’y trouvait. Il a ensuite disparu pendant environ dix minutes. Lorsqu’il est revenu il avait un très très long coton tige qu’il a introduit dans une de mes narines pour aller frotter plus haut. C’était d’un stressant ! Un peu comme quand on à le nez qui se remplit d’eau lors d’une baignade et que l’on a l’impression de se noyer. J’ai donc eu le réflexe malgré moi de lui prendre le poignet pour qu’il retire sa main et qu’il arrête de me torturer. Il m’a expliqué que la plupart de mes symptômes venaient d’un mauvais fonctionnement de mon hypophyse. Il essayait donc de stimuler mon cerveau avec un coton tige !

 

Une fois que je me suis calmée, il m’a laissée partir par encore une autre porte. Peut-être pour ne pas croiser un patient qui était déjà arrivé dans le petit bureau ? J’ai acheté le millepertuis et d’autres produits qu’il m’avait prescrits. A la réception se vendaient toutes sortes de remèdes naturels du genre Yam ou Maca et que sais-je encore. Je crois qu’on est tous conscients qu’on risque de payer pour rien quand on achète ce genre de produit mais on ne sais jamais. Contrairement à la médecine conventionnelle, on peut au moins espérer que ça aide et que ça ne fasse surtout pas de dégâts. Alors j’ai pris religieusement du millepertuis, même pendant mes deux semaines au bord de la mer. Dès la première semaine mes jambes étaient pleines de petits boutons. Le médecin avait omis de me dire qu’il ne faut pas s’exposer au soleil lorsqu’on prend du millepertuis ! J’ai donc passé mon deuxième semaine au bord de la mer avec un paréo qui couvrait mes jambes.

 

Je suis retournée une seule fois chez ce médecin. Cette fois-ci il m’a demandé de me coucher dans un autre compartiment que je ne connaissais pas encore. Ensuite, il m’a apparemment oubliée. Au bout de 20 minutes d’angoisse où je me demandais s’il allait de nouveau essayer de me masser le cerveau avec un coton tige, je me suis levée et je suis partie. J’ai annulé le prochain rendez-vous, disant à la réceptionniste que cela me stressait trop.


Pour en finir avec les médecins et thérapeutes... par K.

 

Pour en finir avec ma longue liste d’aventures et mésaventures avec les professionnels de la santé :

 

Il y a un « guérisseur/kiné » chez qui je retourne de temps en temps au station de ski les Gets en France. Efficace, gentil, il m’a soulagée plus d’une fois lorsque j’avais des douleurs insupportables. On sent qu’il a un don non seulement pour soulager mais aussi pour savoir intuitivement où on en est psychiquement.

 

Une autre personne que j’apprécie et que je connais depuis longtemps est une femme de mon âge exactement puisqu’elle est née le même jour que moi. Très sympa, c’est une infirmière qui s’est formée dans plusieurs thérapies, massages, kinésiologie, acupuncture, etc.

 

C’était parce que mon mari a été chez lui est qu’il s’est vanté de bien connaître la fibromyalgie que j’ai été chez un physio qui a un cabinet pas loin de chez moi. J’avais un peu peur d’aller le voir parce que j’avais entendu qu’il avait cassé une côte d’un homme dans notre quartier qui souffre aussi de fibromyalgie (et d’ostéoporose apparemment !) La physiothérapie qu’il a choisie pour me soigner était en effet très douloureux et laissait des bleus sur mon corps. Je détestais aller chez lui. Je suis allée peut-être 5 fois. A part ça il était sympa. Il aime être pieds nus quand il travaille. Il m’a conseillé d’aller chez un médecin chinois, me disant qu’une de ses connaissances avait été enchantée car sa vie a totalement changé en bien après avoir vu de médecin chinois.

 

Alors, bien sûr, j’ai pris rendez-vous. Mais il a fallu attendre deux mois ! Je mettais beaucoup d’espoir dans ce médecin à cause de ma déception avec la médecine occidentale. J’ai été très déçue. Il n’était pas du tout crédible. Ca se voyait qu’il disait la même chose à tout le monde. Il m’a prescrit un mélange d’épices à boire dans de l’eau chaude et ça a coûté cher. Il m’a dit de prendre rendez-vous pour une séance d’acupuncture … deux mois plus tard !!! Je ne suis pas retournée.

 

Je me rappelle aussi d’un jeune physiothérapeute que j’ai consulté. Il me disait que sa mère avait la fibromyalgie et qu’il lui faisait des drainages lymphatiques qui l’aidaient à dormir et à rêver. Je n’avais pas ce problème à l’époque. J’avais surtout des douleurs aux épaules et sous les omoplates qui rendaient chaque mouvement infernal pour moi. J’ai consulté un guérisseur pour ces douleurs un jour et le jeune physio était mécontent. Il m’a dit que c’était à lui seul de travailler sur mes douleurs. Je lui ai dit ceci: « Ca me fait mal quand je donne à manger au chien, quand je fais une lessive, quand je mets quelque chose dans la poubelle, quand je me coiffe, quand je me couche, quand je me lève, quand je soulève n’importe quoi, même une fourchette, ça me pourrit la vie et vous voulez que j’attende que vous voudriez bien trouver le moyen de me soulager ? » Je le trouvais trop autoritaire ce petit pour finir. Il a aussi critiqué mon rhumatologue parce qu’il ne donnait pas de bons pour la physiothérapie.

 

J’ai aussi été chez une personne très sympa qui fait la Technique Alexandre. J’ai la flemme de vous décrire ce que c’est alors je vous ai trouvé ceci sur internet :


"Au cours des séances, le professeur utilise le toucher et les indications verbales pour créer un équilibre global dans toute la musculature. Ainsi éveillée, la coordination naturelle et innée de l'axe formé par la tête, le cou et la colonne vertébrale devient le véritable support dynamique de l'être."

Certains exercices étaient agréables, d’autres douloureux. De toute manière je ne pouvais pas continuer car ce n’était pas remboursé par mon assurance.

 

Voilà, comme vous voyez j’ai essayé plein de choses qui ne m’ont pas guérie mais certains m’ont soulagée. Toute cette quête m’a permis de garder l’espoir.

 

Au fait, je ne sais pas comment faire maintenant pour garder l’espoir. Sauf peut-être en lisant sur la médecine corps-esprit, sur la psychologie, sur la méditation, sur la spiritualité… j’en ai déjà lu pas mal de livres comme ça sans pouvoir vraiment mettre en pratique ce que j’y ai appris.


PEUT-ÊTRE UNE SOLUTION ? - par A.

 

  Je pense que les personnes atteintes d’une maladie chronique sont, à un moment donné de leur vie envahies d’un grand désespoir. Nous avons beau essayé de nous tourner de tous les côtés, nous ne trouvons pas de porte de sortie ! On s’essouffle, on manque d’air. Nous aimerions crier à l’aide, mais aucun son ne peut sortir de notre corps douloureux. A cela s’ajoute la rancœur vis à vis de nos proches ! Nous aimerions qu’ils comprennent qu’un mot de leur part peut être le manche ou la lame ! Mais eux aussi sont fatigués, énervés, stressés par leur vie active et par nous ! Ils oublient que nous aussi , nous travaillons chaque jour à supporter nos douleurs, à lutter contre la fatigue et à faire les deuils de notre vie d’avant, celle où nous étions en pleine forme !

En bref, parfois nous nous sentons comme de la merde comparés à Eux ! Dans ces cas-là, nous espérons mourir ! ! ! 
Pour ma part, j’ai souvent pensé au suicide. Celui qui ne salit pas, qui est propre, silencieux et sans souffrances, mais… Par convictions personnelles, je pense que cette vie sur cette Terre est une école où j’ai choisi d’apprendre, donc je n’ai pas le droit de faire demi-tour et je dois certainement apprendre la souffrance ! Donc pas d’échappatoires possibles.

Alors que faire ? Comment agir pour avoir encore l’envie de Vivre ? ? ?Dernièrement j’ai trouvé une solution ! Elle n’est pas miraculeuse mais cela m’aide vraiment. Je me dis le matin en me levant que ce nouveau jour est peut-être le dernier. Alors autant le vivre dans la paix et dans l’amour. Cela dissipe ma colère et mes ressentiments. Cela me permet aussi d’aller à l’essentiel (l’essence du ciel) et je vis cette chose si belle qu’on nomme compassion ! Je remarque ainsi d’avantage tous les cadeaux que la vie m’apporte. Il y a trois ans et demi j’ai reçu une rencontre qui s’est transformée en Amitié ! C’était la rencontre avec Mon Amie K. C’est tellement merveilleux de pouvoir partager avec une personne qui a la même maladie que soi. Nous arrivons à être sur la même longueur d’onde et à comprendre le ressenti, la douleur et la tristesse de l’autre ! Ce qui fait que lors de nos rencontres ou de nos conversations téléphoniques tout devient plus léger et se transforme en joie et en éclats de rire !

Grâce à tout cela, je me dis que même à moitié foutue, la vie vaut la peine qu’on continue n’est-ce pas ?    A

Colères - par K.

parfois la colère mène à la solitude et à l'angoisse

Comme conseillé par mon livre (Pain Free for Life), j’écris (presque) tous les jours sur mes colères. Vous vous souviendrez peut-être que l’hypothèse de ce livre est que nos colères refoulées créent nos douleurs chroniques. Chez tout le monde. Pas seulement chez les « fibromyalgiques ».

 

D’après ce livre, il suffirait d’admettre que c’est le subconscient notre ennemi qui nous torture en nous envoyant des douleurs pour nous empêcher de devenir conscients de nos émotions dangereuses. J’espère que c’est vrai parce que je trouve que j’ai assez souffert de douleurs depuis 10 ans et je n’ai jamais perdu l’espoir de m’en sortir. Alors j’écris un minimum de 20 minutes par jour sur ma colère en me répétant que mes douleurs sont émotionnelles et non pas physiques.

 

Le problème c’est que mes colères je les connaissais déjà ! Il y a plein de colère en moi mais des colères conscientes. Alors j’écris tous les jours sur ces colères-là et ça me met hors de moi !

 

Mais j’ai découvert en écrivant tous les jours que j’ai plein de colères qui résultent du fait même d’être « fibromyalgique ». D’abord, je déteste ce mot qui semble vouloir définir tout  notre être… ça devrait être interdit de dire « fibromyalgique »… il faudrait toujours dire « personne vivant avec la fibromyalgie » ou plutôt « personne très courageuse et admirable vivant le mieux possible et sans aide ni soutien avec une fibromyalgie ».

 

Bien sûr les douleurs me mettent en colère régulièrement. Dans mon sommeil lorsqu’elles me réveillent, dès le matin lorsqu’elles m’empêchent d’arriver à temps aux toilettes… Ca et les faiblesses musculaires qui m’empêchent de marcher comme avant, de monter ou de descendre les escaliers comme avant et de danser, sautiller, courir comme avant. Je ne vous parle pas de la fatigue, les vertiges et les migraines qui me tombent dessus à tout bout de champ. Et avec tout ça je trouve encore des gens qui me disent que j’ai bonne mine !

 

Comme vous le savez, la plupart des médecins et thérapeutes me mettent en colère. Ceux qui ne croient pas à la fibromyalgie, ceux qui doutent de ma parole, ceux qui n’écoutent pas (la plupart). J’ajouterais ceux qui ne croient pas que je mange peu et pourtant ne maigris pas.

 

On croit que la médecine sait plein de choses, mais elle est vraiment très limitée. Ce qui me met en colère ce n’est pas que les médecins soient limités mais qu’ils ne l’avouent pas. On suit bêtement leurs conseils pour parfois le regretter amèrement. Comme par exemple lorsqu’on prend un médicament qui engendre un autre problème de santé. Il faudrait toujours un consentement éclairé pour n’importe quel traitement.

 

Pour terminer, je pourrais décrire ma colère contre les gens de mon entourage qui ne croient pas, qui ne sont même pas au courant ou qui « oublient » que j’ai la fibromyalgie mais j’en ai marre de penser à ma colère. Ca ne change rien et ça ne fait du mal qu’à moi-même. C’est comme si je tenais des braises dans mes mains sans pouvoir les lancer. Ce ne sont pas ceux qui m’ont fait du mal qui vont être brûlés.


La nécessité des animaux - par K.

  

La plupart du temps je suis courageuse. Je fais ce que je dois faire. Je fais au mieux.

 

Mais parfois je me demande pourquoi je dois être torturée comme ça. Pourquoi dois-je avoir mal quelque part tous les jours ? Si ce n’est pas dans mes jambes c’est dans mon dos ou dans la migraine qui me fait vomir. Si ce n’est pas une migraine, ce sont les vertiges, les insomnies…

 

Je me rends compte que je suis torturée tous les jours et la question « pourquoi ? » monte du plus profond de moi et me prend à la gorge jusqu’à ce que je pleure.

 

Et quand je pleure, mon chien, Buddy, vient vers moi. Il m’apporte souvent un de ses jouets et il secoue sa queue et me dit « Caresse-moi, joue avec moi, regardes, tu es aimée, moi je t’aime, vas-y, caresse moi ». Alors je le caresse et je joue avec lui et je vous jure qu’il me sourit.

 

Chaque animal a son âme, sa personnalité. Avant Buddy, j’avais un chien qui, lorsqu’il m’entendait pleurer, venait se coucher tout près de moi, se collait à moi par solidarité.

 

Mon chat me masse et se couche sur mes muscles douloureux pour les chauffer.

 

L’autre soir j’ai entendu un rossignol qui m’a fait rêver du paradis.

   


Sans douleurs pour la vie - par K.



un cerveau heureux = une bonne santé physique

J’ai commandé le livre qu’une de nos lectrices m’a recommandé. Ca ressemble beaucoup à deux autres livres que j’ai lus. Ce que j’aime c’est que c’est écrit par un médecin qui lui-même avait des douleurs chroniques et qui a été aussi mal estimé, soigné et conseillé que moi et ce par de nombreux médecins. Comme quoi même avec leurs propres collègues ils sont nuls !

 

Dans son livre il explique que la plupart des douleurs viennent d’une surcharge du système nerveux autonome et du subconscient qui essaie de nous distraire pour garder nos émotions dangereuses à la « cave » de notre cerveau où le conscient ne peut pas les examiner. Notre pauvre subconscient tente de nous protéger des émotions négatives mais d’après ce livre il faut être ferme avec lui en lui disant :  « JE SAIS CE QUE TU FAIS ET JE NE LE TOLERERAI PLUS ! ARRETE DE M’ENVOYER DES SIGNAUX DE DOULEUR ! »

 

Le livre conseille de faire chaque jour au moins 20 minutes d’écriture sur nos colères et autres émotions destructrices. Il recommande aussi de méditer, de prier, de visualiser notre victoire sur la maladie. Et tout ça pendant 6 semaines à la fin desquelles 80% des patients seront guéris de leurs douleurs.

 

J’ai l’intention de suivre ces conseils, même si j’ai déjà fait ce genre d’exercice. D’ailleurs je me suis retrouvée avec une tonne de colères en plus de mes douleurs et je ne savais pas comment m’en sortir. C’est intéressant qu’aucun de ces livres n’expliquent comment gérer les émotions douloureuses qui risquent de remonter de notre subconscient pendant ces exercices.

 

En ce moment j’ai des douleurs très méchantes. D’une intensité comme j’ai rarement eu et qui sont un peu partout : genoux, épaule, bas du dos, nuque, bras. C’est comme si tous mes muscles et tendons s’étaient rétrécis. C’est une sorte de camisole de force. J’ai peur de bouger.

 

Est-ce mon subconscient qui augmente ses efforts pour me « protéger » de toutes ces émotions enfouies et inavouables ? Le médecin qui a écrit le livre dit que lui-même a eu des douleurs plus fortes la première semaine. Alors c’est peut-être bon signe. Soyons positifs !

 

Même si ça ne me guérit pas, ça sera sûrement un exercice intéressant. J’espère juste que cette fois en découvrant mon réservoir de colères je sache m’en débarrasser pour de bon.


Pour ceux que ça intéresse, le livre s’appelle Pain Free for Life de Scott Brady. Un autre médecin qui écrit sur le même phénomène s’appelle John Sarno. Ses livres sont très intéressants. Surtout Healing Back Pain et The Mindbody Prescription. 

Je dois dire que j’y crois aux phénomènes “mindbody” – corps-esprit. Je crois que l’on ne peut pas séparer les deux. La science a maintenant prouvé que l’un affecte l’autre. Mais cela ne veut en aucun cas dire que la fibromyalgie est « dans notre tête » ni que c’est facile de se guérir. Le corps est fait pour se guérir mais un trop plein de stress peut détruire cette capacité. Et les émotions refoulées constituent des éléments de stress permanent.
  


A part… par A.

 

 Emily Dickinson 1848

Cette sensation indéfinissable qui m’envahit toute entière, en présence des autres ! Que ce soit au milieu d’une foule ou même avec certaines personnes qui me sont proches, je me sens si différente ! Je me sens d’un autre monde et ceci depuis si longtemps…

Quelques temps après avoir reçu le diagnostic de fibromyalgique, je suis devenue agoraphobe. Je ne pouvais plus franchir la porte de chez moi toute seule. Je ne supportais pas les magasins même accompagnée, encore moins les cafés et les rues bondées. Par contre me retrouver seule en pleine nature me rassurait. J’ai dû malgré mon déménagement à la campagne suivre une thérapie comportementale et avaler pas mal de médicaments pour arrêter de me couper du monde. Actuellement je vis en ville mais très près de la nature. Il m’arrive d’avoir des rechutes mais est-ce peut-être pour mieux apprécier mes victoires ?

Si je réfléchis à l’événement déclencheur de cette agoraphobie je comprends maintenant que les douleurs et la fatigue chronique de la fibro m’avalaient pour me recracher dans un monde où le calme et la sérénité sont de rigueur pour survivre ou pour juste moins souffrir !

Si j’ai le courage de vous parler de ce que nous pourrions appeler une tare, c’est grâce à Mon Écrivain préféré Christian Bobin. Dans son dernier livre intitulé La Dame Blanche, il nous décrit la vie d’Emily Dickinson, la plus grande poétesse américaine du 19ème siècle. C’est après sa mort qu’elle devint célèbre. Le seul prix qu’elle gagna dans sa vie fût celui du meilleur pain, qu’elle fabriquait elle-même pour les enfants de sa ville. Elle aussi ressent de plus en plus le besoin de s’éloigner du monde et ses déplacements se limitent à la maison d’en face où habite son frère et la femme de celui-ci. C.B. écrit : « Les médecins qui ne croient pas aux âmes parleraient aujourd’hui d’agoraphobie. Le patois médical rassure plus les médecins qu’il n’éclaire sur le mal. L’agoraphobie est l’infernale maladie de ceux qui ne veulent pas sortir du paradis. » ! ! !

Emily décrit cela autrement : « La maison est ma définition de Dieu » --et Dieu ne souffre aucune absence. Elle dit aussi : »Disparaître est un mieux » ! ! !

Pour revenir à ma petite vie de rien du tout, je peux vous dire que mon meilleur guérisseur pour ce mal est mon fidèle ami le chien. Et si le destin désire qu’il parte avant moi, ma porte restera close pour toujours… A
  


Le guérisseur - par K.

 

J’ai même été chez Denis Vipret, probablement le guérisseur le plus connu en Suisse. Il a un site web www.vipret.ch. où vous pouvez voir un petit reportage de la TSR sur lui, dans le cadre de « Suisse mystérieuse ».

 

Ca devait être en 2002 parce que je me souviens qu’on venait de déménager, et ça devait être le mois de mai parce que L. m’a apporté un grand bouquet de lilas de son jardin. Son mari nous a conduit L., mon mari et moi à Léchelles, Fribourg où se trouve la ferme de Denis Vipret, guérisseur.

 

Une fois arrivé à la ferme, on a dû attendre dans la cour tellement il y avait de monde. Il faisait un froid glacial dehors mais j’ai eu plaisir à examiner la porte de la grange où les vaches primées de la ferme avaient chacune était immortalisée en peinture. C’est une très grande ferme et pour l’étrangère que je suis, rien que le folklore de cet endroit valait le déplacement.

 

Denis Vipret reçoit les gens par dizaines dans une grande pièce au plancher en bois. Il fait le tour des personnes assises ou debout, posant ses mains sur leurs épaules et parlant sans cesse de choses et d’autres. Il raconte comment son don lui est tombé dessus quand il était encore très jeune. Il a pu voir un corps humain en miniature dans sa main et distinguer les parties de ce corps qui avaient besoin d’attention. Il raconte comment le fisc s’intéresse à lui et comment il est capable de voir même sur des photos que quelqu’un est malade. Il déclare qu’il soigne souvent les dégâts que Tchernobyl a eu sur notre santé. Il ne demande rien en retour mais les gens lui donnent au moins 30 francs. A juger des lettres et photos encadrées et exposées aux murs, Denis Vipret a guéri plus d’un sportif ou artiste, mais d’autres témoignages, par exemple celui d’un homme atteint de scléroses en plaques, font comprendre que le guérisseur peut parfois seulement soulager pour un temps limité.

 

Il a posé ses mains sur les épaules de tout le monde. Arrivé vers L. et moi, il a également posé les mains sur nos maris, tout simplement parce qu’ils étaient là. Ensuite il nous a expliqués ce qu’il a soigné chez nous. Pour moi c’était au niveau de la gorge (thyroïde ?) Lorsque nous sommes ressortis dans la cour, L. est venue vers moi, les larmes aux yeux et m’a serrée dans ses bras d’un air soulagé. Dans la voiture nous avons tous les quatre ressenti une immense fatigue. Mon mari disait avoir senti une chaleur dans les mains du guérisseur.

 

Et c’est vrai que pendant environ un mois j’étais assez souple pour refaire des exercices de yoga par terre. (Moi qui ai normalement beaucoup de peine a me mettre par terre et à me lever). Se peut-il que ce guérisseur ait eu un effet sur moi ? Ou était-ce parce que je voulais tellement que ça soit le cas ?. L’effet placebo est très puissant mais ne dure pas.

 

Certains magnétiseurs s’étonnent de la méthode de Denis Vipret parce qu’ils estiment que l’on ne peut pas s’occuper de tant de personnes à la fois en si peu de temps et sans même se laver les mains pour purifier les ondes.

 

Pour ma part, avec mon terrible manque de foi, il y a une chose que je me demande : si c’est un miracle, si ça vient d’une dimension spirituelle, pourquoi ça ne peut pas durer ? Pourquoi ça ne marche pas pour tout le monde ?