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Fibromyalgie: chroniques d'une maladie chronique

Insomnies - par A.

 

Fatiguée, j’étais si heureuse de me mettre au lit !  Bien installée j’ouvre mon livre de chevet et lis quelques pages. Mes paupières deviennent lourdes, j’ai de la peine à me concentrer. J’éteins la lumière et me laisse envahir par cette douce sérénité de l’endormissement et m’envole dans un rêve. Mais une détonation explose dans ma tête ! Je sursaute, mon cœur bat la chamade. J’écoute… aucuns bruits dans la maison, aucuns bruits dans le quartier mais c’est fichu, je suis réveillée ! Je me lève tout doucement pour ne réveiller personne et la colère m’habite toute entière. Cela est bien pire que de la colère, c’est de la rage ! ! !
Je n’ai qu’une envie, m’habiller et partir me promener avec les chiens dans la nuit. Impossible, cela va réveiller toute la maison. Bien des fois cela m’arrive et je repars me coucher mais sans retrouver le sommeil, alors cette nuit même pas la peine de me remettre au lit. La rage se transforme en tristesse et assise dans la pénombre du salon, je pleure !  en écrivant cela je me rends compte que mes insomnies me donnent l’occasion de pleurer en cachette. Personne pour me voir me moucher, personne pour me demander qu’est-ce qui ne va pas ? Personne pour me voir tel que je suis ! Je suis faible mais très fière, alors je garde mes chagrins tout au fond de mon cœur et ils se dissipent dans mes larmes de nuit.

Que vais-je faire ? J’ouvre mon petit cahier bleu et je découvre deux lettres qui habitent dedans. Une de C.B et une de Mon Amie K. Je les relis. Je suis fan des Deux. Ce sont mes Écrivains préférés. Ils sont dans mon cœur cette fleur rare, fragile et sauvage ! Elle naît dans la mousse aux pieds des sapins, dans les forêts de montagne. Je ferme les yeux et je la vois timide prendre force dans le rayon de soleil qui illumine le parme de ses pétales. Elle est Eux, Ils sont Elle ! Et ce Tout me redonne l’espoir et l’énergie de continuer mon but et de croire encore que ma route n’est pas terminée.

J’essaye de me persuader qu’un jour j’irai mieux, qu’un jour ma fibromyalgie ne sera qu’un mauvais souvenir. Pourtant bien des fois, dans des moments heureux, j’ai l’impression d’être absente ! Je vois la cène comme un tableau mais je ne suis pas dans l’image. Je regarde vivre les gens que j’aime, mais je ne suis plus là et cherche l’endroit où j’ai bien pu me cacher ?

Alors si vous me retrouvez, écrivez-moi, je viendrai me chercher…