Burn out - par K.
« Je croyais que vous étiez en train de mourir » disait la femme de ménage l’autre jour en repensant à 1998, l’époque où je suis tombé malade. « je passais l’aspirateur autour de vous et vous ne vous réveilliez pas. Vous dormiez si profondément et si souvent que je me suis dit que vous aviez quelque chose de très, très grave. »
C’était une sorte de « burn out » je pense, mais, évidemment, ça a été diagnostiqué comme dépression ». Qu’est-ce qui n’est PAS diagnostiqué comme dépression de nos jours ? La dépression et la fibromyalgie sont des diagnostiques de facilité pour les médecins lorsqu’ils ne savent pas ce qui se passe.
A vrai dire, j’espérais que j’étais en train de mourir. Je ne voyais que ça comme solution puisque je n’étais plus capable de rien. Je ne savais pas qu’il était possible d’être si fatigué sans mourir. Je ne pouvais plus rien faire à part le strict nécessaire. Une fatigue pareille ne permet pas d’affronter la moindre contrariété. Si je renversais mon café ça me paraissait trop fatigant de le nettoyer. Une amie en visite en Europe voulait dormir chez moi. Je n’étais pas capable de l’accueillir. Je me souviens d’une fois où j’ai eu l’idée de me limer les ongles et ça me semblait trop fatigant. Même si je continuais à « fonctionner » plus ou moins, je me sentais capable de me doucher ou de faire une lessive uniquement après une longue sieste.
Je me sentais abandonnée par mes amis, ma famille, mes médecins et thérapeutes. Je crois parce qu’ils ne pouvaient pas soupçonner à quel point j’étais fatiguée et malade, et surtout parce qu’il ne savaient pas quoi faire. Mais je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais eu une maladie plus, disons, « acceptable » j’aurais été plus entourée. Je parlais de leçons apprises grâce à cette maladie. Une des plus importantes est que nous sommes toujours seuls dans nos pires moments.
Parfois, on est même méprisé. C’était le cas avec mes collègues qui me harcelaient en me téléphonant à la maison pour savoir quand je reviendrais au travail, qui parlaient de moi en mal derrière mon dos (j’ai appris plus tard par une qui croyait bon de me le dire.) Le mobbing c’est un grand mot, mais c’était un peu ça. C’est à croire que les gens sont jaloux. Ils aimeraient bien être malades aussi peut-être ? Tellement ils aiment leur boulot ! Et apparemment ils croyaient que je voulais profiter des bons plans d’assurance perte de gain et d’assurance invalidité de la boîte pour laquelle je travaillais. Je n’étais même pas au courant de ces plans!
Mais qu’est-ce qui mène à un tel burn out ? Dans mon cas c’était plusieurs années de rumination négative autour de deux ou trois chocs émotionnels que je n’arrivais pas à digérer.
Ca et le fait qu’au travail on nous donnait de plus en plus à faire en disant que notre nouveau slogan devait être « le mieux est l’ennemi du bien ». Ce qui voulait dire pour moi qu’il fallait produire plus vite un travail de moins bonne qualité. Pour une perfectionniste comme moi c’était la fin. Je n’avais déjà pas beaucoup de satisfaction de travail, mais là ! Et puis quand j’ai senti que j’avais vraiment besoin de quelques jours de congé autour de Pâques, ça a été refusé. Et puis plein de choses. Vous savez tous ce que c’est le boulot et comme c’est mauvais pour la santé !!!
à suivre…
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01 Novembre 2007 à 15:45 dans
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